Le problème avec l'été


Toutes les saisons sont finies.

Genre (faudrait que j'arrête cette expression quand même un jour) tu passes toute une année avec des elles, à attendre fébrilement derrière ton ordinateur qu'un nouvel épisode sorte, qu'un gentil internaute daigne poster un sous-titre (bien que, par désespoir certain, parfois, tu te tentes de regarder en version original, si, si!), tu maudis tout événement américain comme le superbowl par exemple, faisant disparaître les programmes pendant quelques semaines.

Toutes les séries sont en suspend. 3 à 4 mois de pause.
Mais moi je veux savoir où elle se trouve dans l'amphi leur mère.
Je veux savoir si la mariée sortira vivante de l'ascenseur.
Par quelle stratagème elle les suivra jusqu'à l'université.
Si 5 ans s'écouleront à nouveau.


Mais non, on m'a planté là.

Alors je Lui ai demandé ce que je pourrais regardé maintenant. J'ai bien quelques idées certes, mais rien qui ne me convaincs au point de me ruer toute de suite dessus.
Mais il ne m'a proposé que des séries animées. Des séries que j'aime bien en plus, j'en ai déjà regardé pas mal d'épisodes. Mais je m'interrompais toujours. Et je revenais aux personnages en chair et en os. Rien à faire.

Comme s'il me manquait des repères. Des points d'identification.
Les parallèles sont plus difficiles à faire.
Rien à dire, je dois chercher quelque chose auprès d'eux en leur demandant de revenir toutes les semaines.


(Sarah, si tu lis ces petites lignes, saches que tu es un des très rare errant en ces lieux... Mais c'est chouette)

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Et maintenant, Cuba !

Et on continue la visite des écrans...

Che : L'Argentin de Steven Soderbergh
avec Benicio Del Toro


Je pensais tout d'abord passer complètement à côté de ce film. Pas parce que je ne voulais pas ou ne pouvais pas aller voir le film. Non, j'ai eu cette impression une fois bien calée dans mon fauteuil rouge (oui au cinéma-Caméo, les fauteuils sont rouges, si ce n'est pas le détail qui fait tout!)
J'ai failli passer à côté parce que j'avais trop de trucs en tête à ce moment là. Vous savez quand ça bouillonne trop et que vous ne pouvez alors pas vous empêchez de penser. Le film a donc commencé et impossible de me concentrer.
Beaucoup on reproché à ce film ses séquences trop contemplatives. Au contraire, moi, elles m'ont aidé. Pendant que Le Che marchait dans la jungle et cherchait la meilleure solution pour mener à bien la révolution, moi je me débarrassais de mes pensées parasites.
Je suis rentrée dans le film au fur et à mesure que l'action se mettait en place. Au fur et à mesure que le nombre de révolutionnaires augmentait.
Pour au final, râler sur l'image de fin, désirant tout de suite la deuxième partie, les 4h15 initiales.
Je ne pense pas que ce film soit réellement un "biopic". Ou alors, cela ne se ressentira que dans la deuxième partie. On dirait pour l'instant plutôt une suite d'impression sur le Che qu'a eu Soderbergh. Certes Del Toro lui ressemble et son prix d'interprétation à Cannes, il l'a bien mérité.
Mais rien n'est réellement expliqué, et pour quelqu'un ne connaissant pas un minimum la vie du Che et l'histoire de Cuba, le film risque d'être dur à suivre. Presque de l'hypnotisme. Hypnotiser par cet homme sur l'écran, son charisme, ses actes. Pas de fioritures.
Une femme apparait, et puis reste sur l'écran. Reste à ses côtés. Aucune explications données, que des impressions.
Pas une film de guerre, mais beaucoup de quotidien. Et aucune idéologie.
Tout reste à échelle humaine.

On verra ce que donne la deuxième partie le 28 janvier.


En attendant, je vais, et je ne peux que vous conseiller d'en faire de même, revoir 'Carnet de Voyage" de Walter Salles avec Gael Garcia Bernal.

L'histoire d'un certain Ernesto Guevarra. Et d'un voyage aussi...

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Biélorussie et Indochine, tout d'abord

Parce qu'au final, ça fait longtemps que je n'ai pas parlé d'écrans noirs de par ici.
Petite revue de mes dernières bobines (en plusieurs fois) :

Les Insurgés de Edward Zwick
avec Daniel Craig et Jamie Bell

Je ne voulais tout d'abord pas y aller. La bande-annonce ne me tentait pas plus. Bande-annonce qui clamait en gros "La lutte suscite la fraternité" Phrase avec laquelle je suis ne pas terriblement d'accord. Et puis cette période de l'histoire me ferait presque peur. Histoires juives pendant la deuxième guerre mondiale. Je sais alors qu'inévitablement les images seront durs. Et j'ai eu assez de cours sur ce sujet, vu assez d'images d'archives pour ne pas avoir forcément envie d'en voir des nouvelles de fictions. Je me connais, je sais que tout de suite, mes yeux seront humides.
Mais j'y suis allée quand même, emmenée par A.
Et je me suis fait avoir. Mon problème dès que s'affiche "une histoire vraie" et que l'épilogue nous propose des images des vraies personnages.
Je me suis laissée totalement portée par le film. Qui est surement fait pour ça : relations entre frères, histoires d'amour, de courage, de foi, d'amitié, combats, suspens... Si la vie de ces "insurgés" a réellement ressemblé à ça, alors, j'aurai du pleurer encore plus...
Une scène me restera.
Allez-y rien que pour celle-là. Un montage alterné d'un mariage juif sur fond de musique yiddish avec celle d'un combat.
Classique mais efficace.
Par contre, le réalisateur avait il besoin de faire parler ses acteurs américains avec cet accent biélorusse? Comme s'il n'assumait pas totalement le fait d'avoir fait son film en anglais.



Un Barrage Contre Le Pacifique de Rithy Pan
avec Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel



Juste parce que Marguerite Duras reste une référence pour moi. Que ce soit par ses mots et sa façon d'écrire. Ou pour ce qui m'a amené à les lire : le cinéma.
'Hiroshima Mon amour" de RESNAIS ou "L'Amant " de ANNAUD.
Je ne pouvais donc pas passer à côté d'une nouvelle tentative d'adaptation.
Et certes, le film n'est pas très fidèle textuellement au livre mais l'atmosphère.... Rhaaa l'atmosphère...
Le réalisateur est un documentariste et a réalisé de nombreux films sur son pays: le Cambodge.
Alors dans Un barrage Contre Le Pacifique tout y est. Les couleurs, les bruits, la population indochinoise.
Peu de dialogues mais les bruits semblent être toujours omniprésents. Le bruit de la pluie si important chez Duras par exemple (comme l'était celui de la rue dans "L'Amant")
On sent d'ailleurs la proximité avec ce dernier film. Les personnages se ressemblent étrangement et leur relation aussi. Le personnage de la mère à la limite de la folie, le frère "sauvage" et la jeune fille, double de Marguerite Duras. Même l'actrice lui ressemble. Même fraicheur, nez en trompette et air revêche.
Certains ont reproché à la mise en scène "d'avoir été faite par la costumière" tant on sent qu'un grand soin a été apporté aux costumes. Peut-être trop pour une famille qui est dans le besoin. Mais tant pis pour eux et tant mieux pour mes yeux qui s'en sont délectés.


(à suivre...^^)

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Faites votre propre puzzle

Petite période de moral gris/noir. Suite à quelques jours un peu difficiles.
Mais au lieu de m'étendre sur ces problèmes, je préfère vous parler de ce qui me les fait oublier et remonte fortement mon petit moral. Quelques pièces du puzzle.

Depuis quelques temps, je dévore tout un tas de films. Très différents les uns des autres.
Juste un petit panorama.

Commençons tout d'abord (donc par la fin en fait) avec celui qui m'a fait repartir du bon pied. Et oui, il fallait que je le retrouve le héros de mon enfance. Indiana Jones.
Alors aux critiques mauvaises langues, je leurs dirais : oui il y a des incohérences, oui parfois Spielberg et Lucas partent dans des délires assez étranges, oui Harrison a un peu vieilli physiquement, mais... et alors? Ça fait tellement de bien de retrouver le personnage et son caractère, qui lui n'a pas changé.
Il s'agit donc de papy Indy au pays du rock'n roll et des extraterrestres.

Pour ce qui est de la suite, c'est un pot-pourri. Un melting pot. Du mélo au film engagé. Du petit film sans moyen à la grande machine hollywoodienne. De mon film préféré à celui que je ne regarde que pour me détendre les neurones. Du film destiné aux enfants à celui aux scènes plutôt crues.
C'est le bonheur du cinéma, il suffit de choisir. Et il y a toujours le choix.

J'adore sortir des photos des films eux-mêmes (pour faire croire à ma culture cinématographique, j'aurais pu appeler la chose par son nom : un photogramme).
Elles développent alors une esthétique à elles toutes seules. Rechercher celle qui n'a pas été utilisé milles et une fois pour illustrer le film dans les médias. Et celle qui pourrait le plus le refléter.
Une fois ensemble, ça ressemble à un joli puzzle. Et quand il s'agit de films que vous appréciez, ça vous reflète un peu.
Alors ne vous étonnez pas que je vous aie dégainé la dose de photos.

J'ai hésité à préciser les titres et les réalisateurs. Est-ce que ça ne gâcherai pas tout? Vous en reconnaitrez surement certains, d'autres pas du tout.

Sachez seulement qu'on y trouve:
le voyage initiatique de deux adolescents dans le Mexique contemporain, une esquisse de la bourgeoisie anglaise sarcastique à souhait, une chronique sociale colombienne, une fantaisie visuelle et esthétique aux bons sentiments plutôt banals, un autre délire visuel pour enfants avec deux très bons acteurs, un dessin-animé engagé adapté d'une BD, un bon film d'aventures sur les indiens comme je les aime, un esthétisme hong-kongais transposé aux Etats-Unis comportant un des plus beaux baisers de cinéma, une dissection crue des relations de couples, une scène d'ouverture à vous filer des frissons, une découverte de le vie bien méconnue d'un personnage tellement important, des relents tziganes, une histoire à trois en musique, une histoire à plusieurs qui finit seul et un fabuleux tour de passe-passe.

J'ai eu pitié de vous, je les ai mis dans l'ordre.
Sachez aussi que s'y cache 3 de mes acteurs préférés, 2 pour les actrices, 5 réalisateurs que j'adule et un de mes films préférés.

Une bonne partie de mon panthéon en fait.
Allez chercher bien. Y'en a bien un qui vous fait rêver dans le tas?

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[Interlude]

Un petit clin d'oeil à Elodie avec qui on en avait parlé.
Un extrait de "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" d'Yvan ATTAL
Il fait du bien cet extrait et va très bien avec mon humeur du jour.

(et pour une fois que 'Creep' de Radiohead est plutôt bien utilisé)

Je vous laisse savourer la dose de glamour du jour... (moi je vais faire un tour chez Virgin, on sait jamais hein...)




(surtout qu'il y a une suite...)

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'Society' qu'il chante Eddie Vedder

Chose promise, cause due.

Je me suis faufilée voir 'Into The Wild' de Sean PENN.

Le genre de film qui a un tout autre impact à la fin, lorsqu'on prend le soin de vous rappeller qu'il s'agit d'une histoire vraie.
Je me fais toujours avoir dans ces cas la. Cela me touche plus.
Me demande quels personnages ont été inventés. Quels sont ceux qui se sont retrouvés à l'écran, quelqu'un d'autre dans leur propre rôle.
Le personnage principal n'est alors plus seulement fait d'écran et de lumière. Il a vraiment pensé, agit, eut ce courage. Ce ne sont pas seulement des idées du réalisateur.

Le réalisateur alterne les moments de solitude de Christopher McCandless en Alaska et son cheminement sur les routes américaines.
C'est à ces rencontres imprévues sur son chemin que vont mes préférences. Il n'arrive pas à ne pas laisser de traces. Ces gens s'attachent tout de même à lui. De nouveaux parents, un nouveau grand-père, de nouveaux amis, cette toute jeune fille. Mais lui s'y refuse toujours.


Car au fond, la solitude n'est-elle pas égoïste?
Christopher veut vivre seul. Ne dépendre de personne. La liberté absolue. Aucun compte à rendre. Ce n'est rien d'autre que de la vanité. Vanité qu'il pourrai réussir à vivre seul au fond de cette nature. Nature qui le tuera.
Manque de lucidité peut-être finalement.
Certains ont considéré McCandless comme un nouveau vagabond céleste qui s’était brûlé les ailes en s’approchant trop près de sa pure vocation à vivre libre et sans entrave. D’autres l’ont vu simplement comme un gamin de riches, écervelé et crevant comme un chien faute d’avoir pris les précautions de base.
Et puis les touristes viennent maintenant, caméra à la main, faire des "pélerinages" dans le bus où il s'était réfugié.

La sagesse est venue trop tard.

Les belles émotions ne se vivent pas tout seul. D'ailleurs, rien ne semble faire plus plaisir à Christopher que de partager une vue, chanter en duo ou nager avec quelqu'un.
Au final, ce voyage l'amène non pas à l'écart de l'humanité mais vers elle.

Je pourrai difficilement partir en voyage toute seule. Personne à regarder avec un grand sourire quand vous allez bien.


Son idéal est beau, bien sur. Quitter l'hypocrisie, vivre sans besoin, sans consommation ambiante.
Se chercher lui-même.
Now, I’m walking into the wild.
Le bref retour à la ville semblera décalé, surfait.
Alors la nature devient le personnage principal, si on continue dans l'Utopie de Christopher. Elle envahit tout l'écran. (Il faisait presque froid dans la salle lors des paysages d'Alaska)
Mais le bouffe tout entier. Il s'y perd. A force de fuir.



Des légendes, des controverses trainent sur Christopher McCandless. (Il n'aurait pas vraiment bruler ses papiers, ni ses sous. Aurait eu une carte...)
Mais, cela ne concerne pas le film de Sean PENN. Qui s'identifie surement fortement à ce personnage.

Les routes font toujours envie.

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Il m'a fallu une semaine

Oui, il m'a fallu une semaine pour réagir...

Programme chargé ces derniers temps, mais je m'accorde volontiers le temps de m'enfermer dans une salle de cinéma.

Au programme :
Pérsépolis
de Marjanne SATRAPI et Vincent PARONNAUD

Film autobiographie sur la vie de Marjane. Son enfance et adolescence en Iran. Les régimes politiques et les guerres. Les départs et les retours.



Film dont m'avait tant parlé Elodie et Thomas. Je me dirige donc d'un bon pas vers le Caméo après mes 20 minutes maintenant quotidienne chez l'opticien pour essayer la moitié de ses lentilles en stock (pas grave, l'opticien est très charmant! :D). Cherche du regard Elodie qui devait m'attendre. Puis changement de programme: elle ne pourra pas venir (je te le répéte d'ailleurs, ne t'inquiéte pas, ce n'était pas grave, je comprends tout a fait...)
Tant pis, j'irai seule, cela fait longtemps que ça ne m'était pas arrivé...

Je ne ferai pas ma critique habituelle, tant de (belles) choses ont été dites sur ce film. Oui, il est magnifique, éducatif, drôle, poignant, maîtrisé artistiquement...
On m'avait prévenu de quelques scènes tristes mais voila qu'à la première scène émouvante, je me mets à pleurer. Des larmes que je ravale et qui finissent par réapparaître à peu près toutes les 15 mn et cela pendant toute la durée du film. Je me dis en moi-même "Quelle chouineuse, c'est pas possible!"


Cartharsis
ont dit savamment les grecs pour le théâtre. Moi j'ai adapté et remixé à mes gouts.

A travers le film tout s'est 'extériorisé'.
Je me disais aussi que j'avais plutôt bien réagi à mon retour en France. Il m'a fallu une semaine pour réaliser en fait.
Le retour, les gens qui me manquent, ceux dont j'ai plus de nouvelles et ceux qui en donnent régulièrement, les lieux, le plan affiché au mur, les milles et une photos, les souvenirs empilés
Et puis, il s'est passé tellement de chose depuis mon retour.
Les questions incessantes, et celles d'argent, les discussions paternelles toujours si peu optimistes, les lettres de motivation et les C.V. à la pelle, la pression pour trouver ce foutu job, les démarches administratives (et les pirouettes polies qui vont avec)
Mais aussi ce merveilleux projet de déménagement, ces retrouvailles, ces gens qui font leur bout de chemin et dont je suis bien fière...

Je suis sortie totalement exténuée. Comparant mes ridicules soucis et préoccupations à la vie menée par cette femme. Marjane SATRAPI est devenu mon nouveau symbole. Toutes ces épreuves traversées contées en 1H34. J'avais l'impression d'être resté assise dans le noir plus de 4h, tellement j'avais vécu de choses, par procuration.



Dans le tram pour rentrer, deux femmes voilées se sont assises en face de moi. Je les ai trouvé extrêmement belles...

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Je rêvais de vous écrire...

'Angel'
de François OZON

avec Romola GARAI, Sam NEILL, Chralotte RAMPLING...


Très cher monsieur François OZON,

J’ai eu peur tout d’abord en voyant votre bande-annonce : le titre,‘Angel’ écrit en lettres roses brillantes, une jeune femme dévalant les escaliers dans une robe froufroutante et une voix off encombrante.

Je vous l’avoue, j’ai eu peur que vous me déceviez car après ‘Le Temps qui Reste’ ou même ‘Swimming Pool’, vous aviez placé la barre haute.

Et puis, Monsieur Télérama a eu la bonté de m’inviter à votre avant-première (enfin vous n’y étiez pas en personne quand même, on est en province…) alors je me suis lancée (car n’est-ce pas déjà à des avant-premières que j’ai découvert ‘Walk The Line’, ‘Match Point’ ou ‘Brokeback Moutain’ ?)

Mais la peur est revenue lorsque à nouveau le titre s’est inscrit sur l’écran avec ses lettres dignes des romans de gare. Les cinq premières minutes furent étranges. Votre héroïne m’agaçait au plus haut point : son regard prétentieux, ses petites manies, sa négation des autres et du monde qui l’entoure. Et puis, un je ne sais quoi à fait que j’ai finalement fini par l’apprivoiser. Non pas l’aimer, c’était encore trop tôt.

Elle était étrange: enfant, elle se prenait pour une adulte et une fois adulte agissait comme une enfant. Sa faculté à se réfugier dans son propre monde qu’elle se fabrique au fur et à mesure était impressionnante.
Car le kitsch, entr’aperçu auparavant , c’était cela : les clichés dont elle s’entoure. Tout y est superficiel et apparence. Ce qui pourrait la troubler dans son idéal, elle le modèle. Le chien est mort, tant pis, un autre de la même race l
e remplacera sous le même nom. Sa mère est épicière, non ce n’est pas assez bien, elle vivra, elle aussi, dans la maison de Paradis (Paradise House) achetée par sa fille.


Même pour séduire, elle emploie des mots tout faits, sortis de ses livres. Et ça marche.

Fait-elle alors la différence entre les deux ? A t-elle véritablement du talent ? Vous laissez, monsieur OZON, ces questions en suspens car vous ne manquez finalement pas de cruauté envers elle. Néanmoins un personnage ose dire à votre héroïne que le public aime ses livres car Angel n’écrit pas pour eux mais pour elle-même. Oui, Angel est naturellement égoïste et finalement ne connaît pas grand chose à la vie. « Tout sort de mon imagination » répond-elle quand on lui demande comment elle réussit à imaginer des lieux où elle n’a jamais été ou des sentiments qu’elle n’a jamais éprouvés.

Malheureusement, la réalité va la rattraper : la guerre. Comme une enfant, encore une fois, elle essaye de s’en couper, de continuer comme si rien n’était.
Elle réinvente si bien son monde que je vous avoue avoir eu, quelques instants, un doute sur cette guerre. Mais laquelle est-ce ? La seconde vraiment ? Angel a réussi à m’emmener dans son délire.
Mais son mari, celui qui peint ses belles fleurs qu’avec des couleurs ternes, comme si elles étaient fanées, le lui rappelle.

Alors, oui, Monsieur OZON vous avez réussi. Je l’ai aimé votre Angel . J’ai aimé ce personnage manipulateur qui se sert des autres. J’ai aimé cette arriviste qui joue en permanence sa vie tel ses propres personnages de roman. Je l’ai admiré pour sa force de conviction, son idéalisme. Je me suis rangé à l’avis du personnage de Charlotte RAMPLING . Angel a réalisé ses rêves : carrière, amour, idéaux… Et vous devez le savoir aussi bien que moi, monsieur OZON, qui ne rêverait pas d’en faire autant ?

Alors monsieur OZON, je ne sais pas qui à réaliser la bande-annonce de votre film, mais, sans lui faire de tort, je vous conseille néanmoins de ne plus faire appel à lui à l’avenir.

Car je pense que je ne serai pas la seule à me faire avoir. Pas la seule à avoir cru au sérieux de la réalité d’Angel. A ne pas y avoir compris la distance, l’ironie, le 2nd degrés parfois que que vous avez placé dans votre film. Cette bande-annonce aurait du évoquer les scènes parodiques par exemple. Ou encore montrer que votre film ne se concentre pas seulement sur la période dorée de la vie de votre héroïne. Oui, celle-ci verra aussi son univers merveilleux s’effondrer autour d’elle. Sa forteresse ne tiendra pas indéfiniment.
Elle finira, même, en essayant de se protéger de l'extérieur, par friser le ridicule. Les contrastes entre elle et les autres seront alors encore plus forts.
Elle finira par passer à côté de la réalité de sa vie.

Mais je n'en dirai pas plus, qui sait qui pourrait lire cette lettre et découvrir des détails qui lui gacherait le film...

Alors, je vous dirai juste merci, monsieur OZON. Merci d’avoir réussi encore une fois. De m’avoir convaincue malgré mes doutes. Pour cette héroïne que je ne suis pas prête d’oublier….

Cordialement (Oui, paraît-il que c’est ainsi que l’on doit finir ses lettres dans la bonne société)


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Une utilité publique

'Les Témoins '
de André TECHINE

avec Emmanuelle Béart, Michel Blanc, Sami Bouajila, Julie Depardieu et Johan Libéreau




Oui, pour ce film, il faut que je vous embete avec le nom de tous les acteurs, le nom de tous les personnages principaux. Il sont tous importants. Se croisent sans cesse, traversent différentes saisons pour finir par voir tous leurs vies se croiser.

Il y a des films comme ça qu'on pourrait juger d'utilité publique tout simplement parce qu'il serait utile à toute personne de s'en imprégner, d'en ressortir (au moins un minimum) pertubé par le sujet.
L'histoire est simple, Le sujet que l'on connait d'avance tarde à venir pour surprendre encore plus: l'arrivée du sida dans les année 80 et sa propagation soudaine.

C'est à travers le personnage de MANU, jeune homme homosexuel, débarquant à Paris pour voir sa soeur, apprentie chanteuse lyrique, que TECHINE noue son intrigue.

Oui, on pourrait d'abord percevoir ce film comme n'importe quelle tragédie. Après "Les Beaux Jours" (le film est divisée sous forme de trois chapitres), les choses s'accélérent et arrive le temps de "La Guerre". Bons chronologiques, ellipses et surtout vitesse de la propagation dans le corps de MANU. Vitesse aussi de son isolement mais omniprésence du personnage dans l'esprit des autres.
Car bien que MANU soit celui par qui, on pourrait le dire comme cela, tout arrive, il n'y a néanmoins aucun personnage principal dans le film.

"Le centre de l'histoire se déplace tout le temps, comme la vie" dit SARAH (Emmanuelle BEART).

Et ce sont ces questions de vitesse que l'on se pose à la sortie du film. A quelle vitesse doit-on vivre sa vie? Prendre le temps? Ou en savourer le maximum le plus vite possible?
C'est en ça que ce film ne tourne pas à la tragédie.



"A l'instar des personnages, le film tâche de lutter contre les ténébres, de donner du sens et luminosité à l'expérience humaine" me confirme un ami de chez TELERAMA.

"Une apologie du désir du bonheur" en dit un autre.

Leurs mots sont plus justes que les miens.


Ressortir. Etre heureux qu'un tel film ait été fait.
L'engagement personnel et collectif, la place des autres dans notre vie, l'attirance et l'affection. Se rendre compte qu'on n'imaginait pas vraiment cette maladie de la sorte.
Oui, un film sur le deuil optimiste, étrange non?

Alors respirer un grand coup et marcher d'un bon pas.

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Ecoutez

Babel

d'Alejandro GONZALEZ INARRITU

"Aucun de vos voisins, même si vous allez voir le film avec des proches, ne verra le même Babel que vous et, ça, ça vaut tout l'or du monde..." Le journal BRAZIL

Voilà par quoi j'aimerai commencer pour parler de ce film. Pourtant selon le réalisateur "chacun de nous parle sa propre langue, différente des autres, mais nous partageons tous la même structure spirituelle". Alors pourquoi ces visions différentes? Il me semble que c'est parce que chacun s'attache à une des 3 histoires proposées. Il y en a pour tout le monde, selon sa situation, sa condition, son expérience passée. En cela, le réalisateur a totalement réussi son film. La portée universelle, il l'a trouvée.

Un seul élément pertubateur, un fusil (y'aurait sûrement une symbolique à analyser la dessous mais passons^^) Ce fusil donné par un homme d'affaire japonais à un marocain en signe d'amitié, ce fusil utilisé par deux enfants marocains qui par défi tirent sur un bus de touristes américains, ce fusil dont la balle touche la femme d'un couple américain en crise, l'empêchant de rentrer, pertubant alors le quotidien de la nourrice mexicaine s'occupant de leurs enfants.


Evidemment ce sont les pays pauvres qui trinquent. Pourquoi la nourrice mexicaine n'avait-elle pas été engagé légalement? Pourquoi l'américain ne comprend t-il pas qu'il n'a pas besoin de payer l'aide que son guide lui apportée?

Le réalisateur nous montre ainsi un monde bien sombre. Les pays du Nord (les USA et le Japon), riches, ont une fin heureuse, ceux du Sud (Mexique et Maroc) malheureusement se trouvent bouleversés définitivement à cause de l'incursion de Japonais et d'américains dans leurs quotidiens. Plane donc l'évidente et effrayante certitude que chacun de nos actes, aussi insignifiant, aussi gratuit soit-il, ne peut que rejaillir sur la cohésion du monde.

Notre époque est marquée par l'avénement de nouveaux moyens de communication mais pourtant c'est un manque de communication qui est à l'origine de tout ces événements.Les seules fois où cette communication est établie, les personnages gardent pour eux leurs confidences (le papier plié de Cheiko) ou se comprennent au delà de la parole.


La bande-annonce du film disait "Pour vous faire comprendre, écoutez". Il suffit de garder cette phrase à l'esprit tout au long du film.

Enfin, bien sur, on pourrait parlé aussi de la perfomance de Brad PITT, de la révélation de certains acteurs,du prix de la mise en scène totalement justifié à Cannes, de certaines scènes d'un esthétisme époustouflants...
Mais j'avais surtout besoin de m'attarder sur le côté humain du film ( que j'ai seulement survolé ici)

A l'image de son héroine japonaise, on ressort du film totalement muets. Abasourdis pour un petit moment. Broyés de cette vision du monde qu'on sait vraie en fin de compte.

Y'a qu'un mexicain pour faire un film comme ça...

(et puis après, vous enchainez sur les aventures de Carter au Darfour dans Urgences pour maintenir le ton.)

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"Je me suis converti au narcissisme"

Mon moral avait profiter des vacances pour s'entrainer au trampoline. Oui, vous savez qui remonte et descend et remonte encore.
Je Lui avais dit de pas s'inquiéter, comme pour le trampoline, il suffit d'une inpulsion pour monter à nouveau et qui sait, y rester un bon bout de temps.

L'inpulsion se nomma Woody...
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'Scoop'
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de Woody ALLEN
avec Hugh Jackman, Scarlett Johansson et Woody Allen
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J'aime les films qui vous poursuivent même une fois la porte de salle de cinéma franchie, à la sortie. L'année dernière 'Match Point' m'avait hanté pendant quelques temps, mais ce fut à cause de son cynisme et de cette part d'interrogation qu'il vous laisse.
Pour 'Scoop' c'est l'euphorie qui vous colle.
Les dialogues fusent tout au long du film. La plume de Woody Allen retrouvée. Certaines répliques mériteraient que l'on puisse les noter pendant la projection. (Oui elles trouveront surement leur place dans ma prochaine soirée mondaine. Si, si, j'en ai beaucoup!^^)
C'est du burlesque et on en prend plein lez zygomatiques comme on dit. Rire intelligent. Rien à dire ça fait du bien!
Rire surtout dû au personnage interprété par Woody Allen. Comme à chaque fois il se laisse ce même rôle de petit bonhomme maladroit, bafouillant des phrases qui n'ont pas toujours avoir avec le contexte...
Comique de paroles mais aussi comique de situation. Je vous laisse découvrir (sa façon de conduire)...
:
Dégustez-le, digérez-le, ça ne peut faire que du bien.
:
(En plus, Scarlett Johansson nous prouve que même avec des bermudas à carreaux immondes et des lunettes remboursées par la sécu, elle reste magnifique, si c'est pas du grand cinéma ça!)


En sortant, il vous restera juste l'envie de vous faire l'intégral Allen-ienne, de posséder un sens de la répartie hors norme ainsi que le désir d'avoir vous aussi, de temps en temps, une vie aux événements sans queue ni tête...
"Je suis né de confessions hébraïque mais je me suis converti au narcissisme."
" Ce que m'excite le plus maintenant, c'est de diner sans brulure d'estomac"
"- Est-il arrivé? -Oui il est à la piscine - Et, euuuh... quelle est la couleur de son maillot? Bah quoi, je voudrais pas qu'il jure avec le mien!"
" Je t'ai entendu te noyer du bar alors j'ai fini mes olives et j'ai accouru!"
"T'es bien sur que c'est lui car je n'ai pas envie de me baigner à côté d'un chyropracteur!"
"Quand elle était petite, elle avait quelques problèmes pour apprendre mais maintenant elle est presque normale!"
"Attend j'ai mon moyen pneumotechnique pour m'en rappeller!"
:
Si vous avez plus de mémoire que moi...
:

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"One day you'll dance for me, New York city" qu'il dit...



L'ailleurs est bien présent.
C'est peut-être le besoin de mettre d'autres couleurs dans le ciel que ce gris lorrain installé depuis ces derniers jours. Et la fac d'ethnologie qui s'insinue dans un coin de ma tête. Je garde l'idée au chaud.

En attendant, je me plonge dans les autres mondes de notre planète de différentes façons. De toutes ces façons qui excitent les sens.

Le cinéma (toujours lui) avec le film 'Transylvania' de Tony GATLIFF. Le monde roumain (où je n'aurai finalement pas eu le temps d'aller, mon père migrant vers la Turquie) et celui des tsiganes. C'est bête à dire mais je ne trouve pas d'autre terme: il m'a transporté. Le voyage de cette femme, son esprit de liberté qui finit par se détacher de tout, la personnalité de l'actrice Asia ARGENTO. Le tourbillon des musiques tsiganes. Les bars, les danses, les instruments. Tout se mélange.

La BO du film a trouvé sa place dans mon baladeur. Je frémis, m'envole avec elle dans le tram. Marcher dans la rue avec ces airs dans les oreilles donne l'impression de tout survoler, plus rien ne vous atteind.Alicia m'a remercié de lui avoir passé quelques musiques à un moment où son moral avait besoin de remonter. Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, je n'y suis pour rien.Oui, quand on fera ma biographie dans plusieurs années (si, si, on la fera^^), on pourra lire dans les étapes importantes : "l'année de ces 18 ans, elle eut une révélation pour la musique tsigane... " j'en suis certaine...

Puis, quand je préfére m'inventer mes propres images avec mes propres couleurs et mes propres musiques, le livre prend le relais. Les mots sont plus flexibles.
Je retrouve alors les personnages et les paysages décrits par J.C RUFIN.Aprés avoir rêvé de la forêt et des populations brésiliennes aux côtés de Just et Colombe dans 'Rouge Brésil', aprés avoir voulu m'appeller Colombe, je suis devenue fière de mon prénom avec 'L'Abyssin'. Les récits d'aventures de Jean-Baptiste PONCET et d'Alix me transporte au Caire, en Abyssinie et dans le Paris des lumières.L'envie de la lecture se fait alors besoin. Nécessité de s'y plonger une fois par jour. Sinon, cette sensation de manque se fait au creux du ventre.
Il n'y a qu'un livre qui puisse faire ça... Et les livres JC RUFIN en sont les parfaits exemples pour moi.

Bientot en 'ligne' les récits de voyages au pays de la musique Live.
Programme des concerts à venir: Fredrika Stahl- Thomas Dybdahl- Ayo...

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Le cinéma est un drogue dure, j'en suis sure maintenant...



'Le Vent Se Lève' de Ken LOACH,
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c'est encore plus poignant quand un femme, assise à côté de vous, reprends en choeur les chansons irlandaises.
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A ne pas rater donc...
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Rien pour être un peu courant de l'histoire irlandaise, parce que Ken LOACH s'en sors toujours brillament dans n'importe quel sujet (et aussi car l'acteur, en plus d'être doué, est très mignon... quoiii? :D)
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Jeudi, ce fut 'Little Miss Sunshine' de Jonathan DAYTON et Valerie FARIS
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Besoin de rire avec Claire. Ce fut vraiment de bon coeur. Je me suis rarement autant lachée devant un film.
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Du coup, a été institué le film du jeudi aprés-midi (vu le nombre de films intérressants qui vont pas tarder à sortir... 'Transylvania', 'Le Parfum', 'Dans Paris', 'Bamako', 'Indigènes', 'Voiture de Luxe')
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En attendant, jeudi prochain, on est là => Le Beulogue (héhé)

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"Les grandes personnes, elles ne comprennent rien toutes seules, dit le Petit Prince."

"Et c'est très fatiguant pour les enfants de toujours, toujours leur donner des explications"

'Je vais bien,ne t'en fais pas' de Philippe LIORET
ou un film faussement simple

J'ai vu ce film depuis, maintenant, quelques temps (en avant-première) mais il s'incruste dans mon esprit.
Le scénario est pourtant simple: une jeune fille, Lili, rentre dans sa famille, une famille comme des milliers, dans un pavillon de banlieu, à la suite de ses vacances. Ambiance un peu lourde, son frère jumeau a claqué la porte et est parti sans donner de nouvelles à la suite d'un engueulade avec son père.
Je vous l'avez dit. Que du quotidien.
Mais c'est généralement face aux histoires simples qu'il est le plus facile de se casser le nez (restons polie) pour un réalisateur.
Et pourtant, ici, le réalisateur réussit le portrait d'une jeune fille qui "fasse vrai", les parents plus complexes qu'ils n'y paraissent au premier abord et même les seconds rôles sont travaillés. Pas de caricature.

Tout au long du film s'incruste une impression de flottement. Lili flotte dans cette nouvelle vie, maintenant seule. Elle se laisse dépérir, se reprend en se raccrochant à des cartes postales lui signalant juste que "tout va bien, ne t'en fais pas".
Il y a les autres.
Ses parents. Elle grandit et les juge maintenant avec un mélange de lucidité et d'amour. Et un manque de communication. Les mots nécessitent un apprentissage.
Et lui qui ne revient pas.
Elle s'éloigne. Quitte son ancien univers.
"Je travaille avec elle comme caissière." " Et sinon tu fais quoi, t'es aussi à Sciences Po?" "Bah... j'suis caissière maitrise tapis roulant."



On a envie de faire comme eux. De s'asseoir et de regarder la vie défiler. Pas d'emprise, c'est plus facile au fond. Attendre des nouvelles. Pas de choc.

On ne sait qui sont les plus lucides finalement, les plus raisonnables ou les plus sages. Les parents ou les enfants. Chacun doit grandir.

Et il y a cette chanson. 'U-Turn (Lili)' du groupe Aaron qui revient constamment dans le film. Je trouverai pas d'autres mots que "envoutant" pour le décrire.
Elle vous pose là. La tête à la fois vidée et l'esprit bouillonnant. Et l'envie d'appuyer encore sur 'play' lors du dernier accord. (je ne sais pas combien de fois je l'ai écouté hier!...)

(Décidemment je comprends plus blogspot: après plein d'essais, soudainement il accepte des images dans cet article!... -_-')

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[ pause cinématographique ]

Oui, c'était la fête de la musique et moi je parle de cinéma, mais c'est parfois sympa de faire les choses à l'envers...

Paris je t'aime
Un film choral

Pendre pied dans 'Paris je t'aime', c'est jongler avec des chiffres et des noms, entrer dans le tourbillon. Le mot de passe, c'est le mouvement. On se promène, on tourne. A chaque nouveau court-métrage, un nouveau tour de manège. Il y a des tours qu'on préfère, d'autres qui nous donne plus le tournis que d'autres ou encore certains dont on se souviendra mieux.

Des fois le manège tourne tellement vite que l'on ne peut distinguer le décor autour: tantôt la ville est là, tantôt elle s'efface.

Et puis, il parait que Paris c'est la ville de l'amour (il parait...) mais ici, il y en a autant de genres différents que les histoires sont traitées dans des genres différents.
Certains pensent que ce film est d'abord une histoire d'amour avec le cinéma. Je ne peux qu'être d'accord.

Les court-métrages c'est toujours fragile. On se demande comment le cinéaste va pouvoir s'en sortir, comment il va pouvoir nous surprendre à la fin. Voir les cinéastes à l'oeuvre en un temps éclair, c'est presque les redécouvrir.

Chacun ressort avec son film, ses décors, ses histoires, ses réalisateurs.

Moi, mon film s'est fait avec Gurinder Chadha, une histoire de cheveux quotidienne mais ici poétique sur le Quai de la Seine,

alors que dans une imprimerie du Marais, Gus Van Sant observait un jeune homme nerveux draguant un autre.

A la Bastille, un homme réapprend à faire la cour à sa femme, malade, grâce à Isabel Coixtet alors qu'un américain apprend l'humour, pour garder sa femme, sur la tombe d'Oscar Wilde au Père Lachaise, dans la tête de Wes Craven.
Tandis qu'au quartier de la Madeleine de Vincenzo Natali, une histoire d'amour vampiresque se refait, au faubourg Saint-Denis de Tom Wyker, le temps se gèle.


Enfin dans le 14e, une amie d'Alexander Payne tombe amoureuse de Paris.


Chacun son film, à vous le votre...

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